AVERTISSEMENTS
AGRICOLES

POUR DE BONNES PRATIQUES AGRICOLES

Champagne-Ardenne

Bulletins Techniques des Stations d’Avertissements Agricoles n° 608 du 15 janvier 2004 - 4 pages

Toute léquipe

du SRPV

vous souhaite une
bonne et heureuse

année 2004 !

Pyrale du maïs

Une situation préoccupante !
Le climat exceptionnel de l’année 2003 a favo-
risé l’an dernier l’activité de nombreux insec-
tes : tout le monde a encore en tête la deuxiè-
me génération de cécidomyie du pois qui a
étendu l’aire de répartition du ravageur jus-
que dans les Ardennes, les pullulations de
cicadelles vectrices du Virus du Wheat Dwarf
en automne, les dégâts dus à la pyrale de la
luzerne de fin juillet à début septembre ou la
présence occasionnelle d’Heliothis armige-
ra, ravageur davantage connu sur coton en
Afrique que sur colza en Champagne… !

La pyrale du maïs ne fait pas exception puis-
que son cycle a été inhabituellement précoce
et court lors de la dernière campagne :
Les premières nymphoses et les premiers
vols de papillon ont été détectés assez tôt
début juin, pour des premières pontes obser-
vées dès le 17 juin.
La date optimale préconisée pour une inter-
vention chimique était le 29 juin (ce qui cor-
respondait  à un  maximum de pontes au stade
tête noire : voir bulletin n°590).

Prochain
bulletin en
février

MAIS
Bilan de la pros-
pection pyrale de
l’automne 2003.
Préconisations
2004.

REGLEMEN-
TATION
Fiche : «Le trans-
port des produits
phytosanitaires»

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DRAF
Service Régional de la
Protection des Végétaux
Centre de Recherches
Agronomiques
2, Esplanade Roland
Garros - BP 234
51686 REIMS Cedex 2
Tél : 03.26.77.36.40
Fax : 03.26.77.36.74
E-mail : srpv.draf-
champagne-ardenne@
agriculture.gouv.fr
Imprimé à la station
D'Avertissements
Agricoles de
Champagne-Ardenne
Directrice gérante :
Anne Marie
 BERTRAND
Publication périodique
C.P.P.A.P  n°529 AD
ISSN  n°0996-9861
Tarif courrier : 69 euros
Tarif fax : 73 euros
Diffusion en collabora-
tion avec la FREDONCA
(Art. L252-1 à L252-5 du
Code Rural)

Cette date est très précoce comparée aux
années  précédentes  et,  malheureusement,
bon  nombre  d’interventions  ont  été  cette
année beaucoup trop tardives et totalement
inefficaces.
Mais la vraie surprise de l’été caniculaire fut
l’apparition exceptionnelle d’une seconde
génération localement complète de pyrale.
Cette deuxième génération a été plus ou moins
importante  selon  les  secteurs  et  pourrait,
dans certains cas, augmenter le stock larvaire
hivernal.
Dans l’Aube, le Perthois et le Tardenois, des
incertitudes fortes concernent la faculté de
nymphose des larves de deuxième généra-
tion en 2004 puisque les maïs ont été généra-
lement récoltés  très précocément, alors que
la plupart de ces larves n’avaient pas atteint
un stade suffisamment développé pour sur-
vivre (L2 ou L3 principalement).
En revanche, dans les Ardennes, des larves
de deuxième génération atteignant le dernier
stade larvaire ont été observées.
Ces larves L5 ont pu sans difficulté entrer en
diapause et résister aux contraintes climati-
ques hivernales. Elles vont réellement accroî-
tre la pression larvaire et le risque pour cette
année.

Résultats de la prospection 2003
La prospection larvaire automnale confirme
un nombre anormalement élevé de larves par
pieds, notamment dans les Ardennes, le
Perthois et le Tardenois.
Une forte pression a également été signalée
dans le Sud-Ouest de l’Aube (mais malheu-
reusement la récolte très précoce ne nous a
laissé que peu de temps pour prospecter).
La carte  ci-contre montre bien les secteurs
à risque, elle a été effectuée à partir du nombre
moyen de larve par pieds par canton, pour les
parcelles observées dans la région.
Si cette moyenne cantonale permet d’appré-
cier le risque au niveau de la petite région, elle
a cependant l’inconvénient de lisser les ex-
trêmes (deux parcelles des Ardennes, à Le
Thour et Rethel,  ont ainsi atteint un maximum
de 1,6 larves/pieds !!).
Il ne faut pourtant pas généraliser le risque à
l’ensemble de la région car certains cantons
maïsicole restent encore très peu infestés
(secteur des lacs dans l’Aube...).

Quelle stratégie pour 2004 ?

• Maïs grain :
- De 0 à 0,5 larve/pieds : pas d’intervention,
- De 0,5 à 0,8 larve/pieds: pas de traitement
sauf si l’ensemble les conditions agronomi-
ques de la parcelle et des parcelles voisines
sont  favorables  (absence  de  broyage  des
pivots, parcelle de maïs isolée en 2004 et donc
susceptible de concentrer les pontes de py-
rales…),
- Plus de 0,8 larve/pied: traitement conseillé,
à  raisonner  tout  de  même  en  fonction  de
l’environnement agronomique de la parcelle.
•  Mais ensilage : Aucune intervention  en
dessous de 1,5 larves/pieds.
•  Plus de 1,5 larves/pieds : une intervention
s’imposera dans tous les cas.
 (parcelles de Sogny-aux-Moulins-51, Le
Thour-08 et Rethel-08 pour les parcelles
prospectées par nos soins).

Rappelons que le meilleur moyen de lutte
contre  la  pyrale    passe  avant  tout  par  la
gestion agronomique du risque :
Comme mentionné en automne (voir bulletin
n°603), le broyage permet d’éliminer plus de
la moitié des larves diapausantes et, s’il est
suivi d’un enfouissement, d’augmenter ce taux
à plus de 70%. L’information avait alors été
relayée par un certain nombre d’organismes,
ce qui permet d’espérer une bonne prise de
conscience régionale car des parcelles lais-
sées en chaumes avec une population larvaire
importante sont source d’infestations pour
les parcelles avoisinantes en 2004 !
Suite aux résultats de la prospection de 2003,
il conviendra d’être particulièrement vigilant
cette année, notamment dans les secteurs où
la pyrale est en recrudescence...
Nous ne manquerons pas de faire le point sur
le suivi des vols et des pontes dans les Aver-
tissements Agricoles en cours de campagne.

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REGLEMENTATION :

LE TRANSPORT DES PRODUITS

PHYTOSANITAIRES

Le transport routier des produits dangereux est soumis à l’arrêté du 1er Juin 2001, dit « arrêté
ADR »  (ADR  =  accord  européen  relatif  au  transport  international  des  marchandises
dangereuses  par  route).  Une  majorité  de  produits  phytosanitaires  sont  classés  comme
dangereux au transport. Si une partie des produits phytosanitaires sont livrés directement sur le
siège de  l’exploitation,  il  arrive  aussi  que  l’agriculteur  se  déplace  lui-même  auprès  de  son
distributeur pour retirer ses produits. Voici un rappel des principales règles à respecter pour
être en conformité avec cet arrêté qui vise à déplacer les produits en toute sécurité et à réduire
les risques pour l’homme et pour l’environnement.

COMMENT RECONNAITRE LES PRODUITS PHYTOSANITAIRES

CLASSES DANGEREUX AU TRANSPORT ?

On  les  repère  par  la  présence  sur  leur  emballage  d’un  ou  plusieurs  des  huit  pictogrammes
présentés ci-dessous :

      Danger de feu
         (liquides 
      inflammables)

Danger de feu                            Matière sujette                 Danger d’émanation
    (solides                                  à inflammation                de gaz inflammables
inflammables)                              spontanée                       au contact de l’eau

Matière                                  Matière                                       Matière                     Matières et objets
  comburante                               toxique                                      corrosive                     dangereux divers
DES DISPENSES PARTIELLES OU TOTALES SONT PREVUES POUR LES

TRANSPORTS AGRICOLES

Transport par un véhicule routier :

 jusqu’à 50 kg

Si 
l’agriculteur  utilise  une  voiture,  une
camionnette ou un fourgon, il est exempté par
la  réglementation  ADR  s’il  respecte  ces  trois
conditions en même temps :
  •  le poids  net  de  marchandise  « dangereuse
au transport » ne dépasse pas 50 kg
  •  les produits sont conditionnés pour la vente
au détail
  •    le  transport  est  effectué  par  l’agriculteur
pour les besoins de son exploitation.

Transport à l’aide d’un véhicule

agricole : jusqu’à 1 tonne
les 

Cette  dérogation 
s’applique  si 
trois
conditions suivantes sont réunies :
  •  l’enlèvement  des  produits  « dangereux  au
transport »  est  réalisé par  l’agriculteur  ou  son
employé (âgé d’au moins 18 ans) avec un engin
agricole (pulvérisateur, tracteur + remorque…)
  • le poids du chargement de produits soumis à
l’ADR ne dépasse pas une tonne
  •    les  produits  sont  conditionnés  dans  des
emballages de contenance inférieure ou égale à
20 litres.

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EN DEHORS DE CES DEROGATIONS, LA REGLEMENTATION ADR S’APPLIQUE

DANS TOUS LES CAS
Cette réglementation entraîne notamment les obligations suivantes :
•  la formation du conducteur et des autres personnes intervenant durant le transport
•  la présence de documents de transport à bord du véhicule
•  l’équipement et la signalisation du véhicule
Formation du chauffeur et des personnels

Une formation pour le transport des marchandises dangereuses dite « Formation de base » de 24 heures est
requise  pour  les  conducteurs  de  véhicules  d’un  poids  maximal  autorisé  supérieur  à  3,5  tonnes  ayant  des
chargements de matières dangereuses supérieurs aux seuils de dispense.
Les  personnes  employées  au  transport  des  marchandises  dangereuses  autres  que  le  conducteur  devront
également recevoir une formation sur les prescriptions de l’ADR et une formation en matière de sécurité.

Documents de transport

Le  transport  de  matières  dangereuses  ne  peut  se  faire  sans  une  « Déclaration  de  chargement  de  matières
dangereuses ». Le chauffeur doit disposer des consignes écrites de sécurité concernant les différentes matières
dangereuses  transportées.  Ces  documents,  qui  sont  remis  par  le  chargeur  (le  distributeur  de  produits
phytosanitaires), peuvent être demandés par la gendarmerie ou les douanes.

Signalisation du véhicule
De façon à prévenir les autres usagers de la route, les véhicules transportant des matières dangereuses doivent
être signalés, selon la quantité par :
•   2 panneaux rectangulaires rétro-réfléchissants de couleur orange, placés à l’arrière et à l’avant (pour les
quantités > 1 tonne)
•   des plaques étiquettes de danger selon les risques principaux présentés par les marchandises transportées
(quantité > 3 tonnes)
Equipement du véhicule

En plus de ce qui est exigé par le code de la route, le véhicule doit être muni d’équipements divers permettant
de faire face à un accident :
•   1 ou 2 (selon la quantité) extincteurs permettant de faire face à un incendie de moteur ou de chargement
•   une cale de roue par véhicule
•   2 signaux d’avertissement autoporteurs (ex : cônes, triangles réfléchissants ou feux oranges clignotants)
•   un baudrier ou vêtement fluorescent pour chaque membre d’équipage
•   une lampe de poche pour chaque membre d’équipage
Enfin il est obligatoire de veiller à :
•  ne pas charger de produits  phytosanitaires  avec  des  aliments  du  bétail,  des  engrais  ou  des  substances
explosives.
•   assurer l’arrimage des emballages.

TRANSPORT DES EVPP ET PPNU

Emballages Vides de Produits Phytosanitaires

Dans  le  cadre  des  collectes  d’EVPP,  l’utilisateur  professionnel  n’a  aucune  contrainte  particulière  pour  le
transport de ces déchets quand leur poids est inférieur à 100 kg. Au delà de 100 kg par chargement, il est
nécessaire d’établir un Bordereau de Suivi de Déchets Industriels.

Produits Phytosanitaires Non Utilisables

Dans le cadre des opérations de collecte de PPNU, l’agriculteur doit respecter la réglementation ADR, à partir
du moment où une quantité supérieure à 50 kg de PPNU est transportée.

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