AVERTISSEMENTS
AGRICOLES

POUR DE BONNES PRATIQUES AGRICOLES

Champagne-Ardenne

Bulletins Techniques des Stations d’Avertissements Agricoles n° 657 du 25 mai 2005 - 4 pages

Colza

Stades :  Défloraison  et  graines  de  taille
définitive.
Maladies
Le  sclérotinia  est  toujours  observé  à  des
fréquences  relativement  faibles  d’attaque.
Dans un certain nombre de parcelles, l’évo-
lution des symptômes semble curieusement
bloquée en bordure de feuille : ceux-ci n’at-
teindront donc pas la tige.
L’alternaria est peu présent dans l’ensem-
ble, mais nous est signalé sur quelques par-
celles par la Chambre d’Agriculture de la
Marne, principalement en Argonne.
·  Seule  l’alternaria  doit  encore  être  sur-
veillée.

Blé

Stades : gonflement à 90% des épis sortis.
Maladies
Septoriose : Les premières taches sur F1 sont
à présent observées dans nos témoins non
traités (variétés sensibles et semis assez pré-
coces).
Oïdium : On observe une progression des
symptômes dans les témoins non traités et
dans certaines parcelles protégées. Comme
l’an passé, Charger est à présent assez fré-
quemment concerné.
Les fortes températures annoncées pour cet-
te fin de semaine devraient toutefois stopper
l’évolution de la maladie.
Helminthosporiose (HTR) : Elle est fréquem-
ment observée cette année sur les blés de blé
ou  rotations  courtes  (2  ans),  sur  variétés
sensibles (Cap Horn), mais aussi sur variétés
pourtant réputées tolérantes (Charger).
 Il est nécessaire d’observer vos parcelles
dans  ce  type  de  situations  agronomiques
favorables (voir bulletin n° 655 du 11 mai
dernier).

Fusariose : Les précipitations de ces der-
niers jours, précédant l’épiaison, ont été fa-
vorables à la fructification des périthèces de
fusariose (organes de conservation).
Ce sont maintenant les conditions climati-
ques pendant la floraison qui seront détermi-
nantes en permettant ou non la projection
des spores et la contamination des futures
étamines.
L’opportunité d’une protection fongicide sera
à  décider  en  fonction  de  ces  éventuelles
pluies et du risque agronomique lié à la par-
celle. Un point sera fait sur le sujet dans le
prochain bulletin.
· Les parcelles doivent être sous protection
fongicide contre les maladies foliaires.
Ravageurs
Pucerons : Les premières colonies de Sito-
bion avenae sont observées (Warmeriville-
51…), mais ceux-ci restent encore rares, tan-
dis que les auxiliaires (syrphes, coccinelles,
premiers chrysopes et micro-hyménoptères
parasitoïdes) sont présents et actifs.
· Il est trop tôt pour intervenir. Compte-tenu
de la forte activité des auxiliaires actuelle-
ment, observer vos parcelles (50 épis, en
regardant sous les épillets) et prendre soin
de ne pas traiter avant une éventuelle arri-
vée au seuil d’intervention (un épi sur deux
avec au moins 1 puceron).
Les traitements conduisent en effet souvent
à détruire les auxiliaires qui auraient natu-
rellement  permis  de  contenir  les  popula-
tions de pucerons. En cas de premier traite-
ment précoce, il n’est en effet pas rare d’ob-
server une re-colonisation rapide nécessi-
tant parfois une seconde intervention.

Cécidomyies : Comme l’an dernier, des céci-
domyies oranges sont régulièrement obser-
vées  dans  tous  les  secteurs.  La  prochaine
hausse  des  températures  devrait  leur  être
favorable.
· Observer EN SOIREE les parcelles à ris-
ques :  parcelles  abritées  en  zone  arrosée
(fonds de vallée, bordures de bois), sole de

Prochain
bulletin prévu le
1er juin.

BLE
- Maladies
- Cécidomyies à
surveiller.
POIS
- Cécidomyies à
surveiller.
- Stratégie fongi-
cide.
FEVEROLES
- Pucerons à sur-
veiller.
-  Attention  aux
bruches - point sur
la lutte.
BETTERAVES
Surveiller les puce-
rons.
MAIS
Désherbage méca-
nique.

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C
 
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DRAF
Service Régional de la
Protection des Végétaux
Centre de Recherches
Agronomiques
2, Esplanade Roland
Garros - BP 234
51686 REIMS Cedex 2
Tél : 03.26.77.36.40
Fax : 03.26.77.36.74
E-mail : srpv.draf-
champagne-ardenne@
agriculture.gouv.fr

Imprimé à la station
D'Avertissements
Agricoles  de
Champagne-Ardenne
Directeur gérant :
Michel COLLOT
Publication  périodique
C.P.P.A.P  n°529 AD
ISSN  n°0996-9861
Tarif courrier : 75 euros
Tarif fax : 74 euros
Tarif mail : 73 euros

Diffusion en collabora-
tion avec la FREDONCA
(Art. L252-1 à L252-5 du
Code Rural)

blé importante dans le secteur l’année pré-
cédente. Particulièrement lors des soirées
chaudes (T°C>15°C, mais les pontes sont
nettement favorisées par des températures
>25°C), en absence de vent (<7 km/h) et de
pluie.
Une intervention peut alors être envisagée
en soirée lorsque ces conditions sont réu-
nies, entre les stades épiaison et mi-florai-
son, lorsque des cécidomyies sont observées
en différents endroits de la parcelle .

Orge de
printemps

Stades :2 nœuds à sortie des barbes.
 La majorité des parcelles sont autour de 3
nœuds.

Maladies
Les variétés peu sensibles aux maladies (Pres-
tige,  Astoria)  sont  toujours  généralement
assez épargnée par les maladies, même si on
note  une  faible  progression  de  la  rouille
naine dans tous les secteurs, notamment sur
Prestige. L’oïdium, la rhynchosporiose et
l’helminthosporiose évoluent également.
· Attendre la sortie des barbes ou l’évolution
des symptômes pour effectuer un renouvel-
lement de la protection fongicide.
Sur les variétés plus tolérantes où une stra-
tégie à un seul traitement fongicide a été
choisit, il peut-être réalisé avant les pro-
chaines pluies.

Pois

Stades 
Boutons floraux protégés par les dernières
feuilles à premières fleurs visibles.

Ravageurs
Pucerons verts : ils sont régulièrement ob-
servés dans les parcelles, mais en faible quan-
tité (jamais plus d’1 puceron par tige de pois)
et les auxiliaires sont très présents et actifs.
·  Les seuils de 30 pucerons par tige à début
floraison,  50  pucerons  par  tige  à  pleine
floraison et de 100 pucerons par tige à la fin
floraison sont loin d’être atteint.
Ne pas traiter.

Tordeuses : Les vols ont à présent débutés
dans les pièges à phéromone : généralement
doucement (entre 2 et 30 captures au maxi-
mum), sauf dans certains secteurs de l’Aube
(déjà 101 captures cumulées à Ville sur Arce).

Les stades de sensibilité ne sont bien sûr pas
encore atteints.
· Il est trop tôt pour intervenir.
Aucun traitement n’est à envisager avant le
stade 1ères gousses plates.

Cécidomyies :  Des  vols  ont  eu  lieu  cette
semaine, d’intensité variable selon les sec-
teurs, mais globalement plus faible que ceux
du début de semaine dernière (entre 2 captu-
res au piège à phéromone à Cormicy-51, et 48
à Onjon-10).
Peu de parcelles ont atteint le seuil de traite-
ment (0,04 cécidomyies par bouton à Somme-
Vesle-51 – 0,08 à Villemaur sur Vanne-10 - 0,12
à Asfeld-08 - mais 1,24 à Mergey-10).
Certaines parcelles ont cependant été forte-
ment touchées durant le semaine dernière
(plus de 3 cécidomyies par boutons) et les
dégâts devraient y être importants.
· Le stade de sensibilité à la cécidomyie se
prolonge jusqu’aux premières fleurs ouver-
tes :  surveiller  vos  parcelles  (nécessaire-
ment le soir), notamment dans les secteurs
arrosés ou avec forte rosée, laissant de l’eau
libre au niveau du sol.
Une intervention est à réaliser le soir si le
seuil d’1 cécidomyie par bouton est atteint :
intervenir alors avec un volume de bouillie
suffisant (au moins 250 L/ha).

Maladies
Des taches d’anthracnose sont régulière-
ment observées, mais en très faible quantité,
ainsi que quelques pustules de rouilles dans
le Rethelois (parcelles GDA).
Du mildiou est également observé sur feuilles
basses.
· Une protection fongicide devra être envi-
sagée avant les prochaines précipitations
en cas de retour à un temps pluvieux.
Si  cela  se  produit  en  début  floraison,  le
chlorothalonil est la molécule de référence
pour lutter contre « les maladies de début
de cycle » (anthracnose et botrytis, ce der-
nier étant favorisé par des alternances de
périodes humides et sèches, dès la chute des
premiers pétales).
Un renouvellement de la protection sera
effectué 10 à 20 jours plus tard, afin de
couvrir toute la floraison. Utiliser alors une
triazole ou une strobilurine, afin de proté-
ger les pois également contre la rouille.

Si  les  conditions  climatiques  demeurent
sèches quelques temps, un traitement uni-
que décalé pourra être réalisé (chlorotha-
lonil + triazole ou strobilurine).

Féverole

Stades 
Séparation des étages floraux à premières
fleurs ouvertes.
Ravageurs
Pucerons : Des pucerons verts et noirs sont
observés, mais il y a peu de colonies et les
auxiliaires sont actifs.
· Surveiller les parcelles, notamment avec
les fortes températures annoncées pour les
prochains jours.
Une intervention à base de triazamate est
recommandée si les premières colonies se
développent.

Bruches : Les premiers individus sont ob-
servés  en  parcelles  dans  l’Aube  (8%  des
pieds avec un adulte à Bréviandes), les vols
devraient s’effectuer ces prochains jours avec
la remontée annoncée des températures.
· Une intervention est à prévoir à partir de
l’apparition des premières gousses (1 à 3
cm), après 2 jours consécutifs de températu-
res maximales > 20°C. Soit, selon toutes
vraisemblances, à partir du début de semai-
ne prochaine.
Un renouvellement sera à prévoir 8 à 15
jours plus tard en fonction des conditions de
températures (voir rubrique Le point sur
dans ce bulletin).

Maladies
Du botrytis et du mildiou sont parfois obser-
vés, mais la situation est globalement saine.
· Il est trop tôt pour intervenir.

Betteraves

Stades : 6 à 12 feuilles.
Ravageurs
Des pucerons noirs sont assez régulièrement
observés (1/4 des parcelles de notre réseau),
sauf dans les Ardennes.
Seule une parcelle dans le Tardenois (Cormi-
cy) présente 2 colonies de 20-30 aptères sur
50 plantes. Partout ailleurs, la pression est
encore faible et inférieure à 1 pucerons pour
10 plantes.
Les pucerons verts (Myzus persicae) sont
encore  rares,  mais  les  premiers  ailés  sont
observés (Fère-Champenoise…).
· Il est nécessaire de surveiller les parcelles
non  traitées  gaucho  ou  imprimo  avec  le
retour annoncé d’un temps plus chaud et
sec.
N’intervenir qu’en présence du ravageur.
Dans de nombreuses situations à ce jour, 1
traitement n’est pas encore nécessaire.

 

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Maïs

Stades : 4 à 6 feuilles.
Désherbage
Les adventices lèvent assez rapidement. A côté
des solutions herbicides, il ne faut pas négliger
les possibilités de désherbage mécanique.
Ces interventions se montrent principalement
intéressantes  par  temps  sec  :  les  adventices
déracinées grillent rapidement et le sol bénéficie
d’un décroûtage et d’une aération.
Des combinaisons désherbage chimique-méca-
nique  sont  possibles  :  soit  lors  d’un  même
passage  (bineuse  avec  pulvérisation  sur  le
rang=désherbage mixte), soit en 2 interventions
(le premier passage est alors le plus souvent une
intervention avec un produit phytosanitaire).

Tournesol

 

Matériel 

Nombre de 
passages 

Herse étrille 

1 à 3 

Stades du 

maïs 

prélevée, 3-5 

feuilles 

et possible 7-
8 feuilles 
prélevée et 

de 

2 à 5 feuilles 

Stades adventices 

plantules 

germination à 2 

feuilles 

1 à 3-4 
maximum 
1 ou 2  

possible) 

Houe rotative 

Bineuses simples 
et autopilotées 

Bineuses avec 

pulvérisation sur 
rang (surtout 1er 

passage) 

(+1 passage 

herbicide séparé 

levée à 50-

60cm 

à partir de 2-3 

feuilles 

2 

3-5 feuilles et 
8-10 feuilles 

au 1er passage : 
avant le stade 2 

feuilles 

Stades : 6 à 8 feuilles.
Pucerons
Ils sont régulièrement observés dans les parcelles, mais très en dessous des seuils de nuisibilité et les auxiliaires sont très actifs.
· Il est inutile d’intervenir.

Le point sur...

La lutte contre la bruche de la féverole

La  féverole  a  connu  une  progression  importante  de  ses  surfaces  depuis  quelques  années,  notamment  dans  notre  région  grâce  au
développement d’un débouchés alimentaire vers l’Egypte.
Ce débouché est avantageux pour l’agriculteur car il y a une valorisation importante de la culture, mais il faut pour cela respecter les exigences
sanitaires, notamment le taux de grains bruchés (< 3% en 2004). Cela nécessite la mise en place de stratégies efficaces pour atteindre cette
qualité.
Les  enquêtes
Depuis 2 ans, les SRPV d’Ile de France et de Picardie réalisent une enquête auprès d’agriculteurs, afin de mettre en relation leur niveau
d’attaque à la récolte, et le type de protection réalisée (nombre et type de traitements).

En 2003, les attaques ont été importantes : 9% de grains bruchés en
moyenne,  pour  des  parcelles  sans  protection,  avec  des  valeurs
montant à près de 20% d’attaque.

L’utilisation d’une pyrèthre simple (DUCAT ou KARATE) ne permet
pas de descendre sous le seuil de 3% en moyenne. Par contre, un
traitement avec un « anti-bruche efficace » (bifenthrine ou endosul-
fan), seul ou en programme abaissait suffisamment l’attaque.

% grains bruchés
21

18

15

12

9

6

3

0

Enquête bruche 2003

Relation attaque / protection

max
min
moy

0

1 pyr bruche

1 anti bruche

1 pyr / 1 anti bruche

2 anti-bruche

6 cas                         5 cas                       6 cas                        3 cas                      7 cas

 

3
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En 2004, les attaques semblent moins fortes : un peu plus de 5%. La
protection a été généralement renforcée par rapport à l’année précé-
dente. Avec deux traitements, on se situe à 1% de grains bruchés en
moyenne. Avec 3 traitements, on descend à 0,1% mais l’intérêt du
3ème traitement est discutable.

En terme de date d’application, les doubles applications les plus
efficaces en 2004 ont été celles réalisées vers le 7-9 juin puis le 16-18
juin, deux périodes où les températures étaient les plus élevées, avec
des températures maximales supérieures à 20°, qui correspond bien
au seuil d’activité des bruches.

Enquête bruche 2004

Relation attaque / protection

% grains bruchés

max
min
moy

21

18

15

12

9

6

3

0

0

2 anti bruche

3 anti bruche

13 cas

10  cas                                           

5 cas       

Expérimentation  2004
Trois essais ont été mis en place : en Ile de France, Champagne-Ardenne et Picardie, à chaque fois sur deux variétés, MAYA  et MELODIE,
présentes sur la même parcelle.
Nous avons comparé un témoin non traité et un programme à deux interventions à base de TECHN’UFAN ou de TALSTAR FLO.

- T1 à l’apparition des premières gousses et températures maxi > 20°,
- T2  10 - 15 jours après le T1.

· Pour l’essai d’Ile de France, à Choisy en Brie (77), l’infestation a été trop faible pour juger le programme.

· En Champagne, l’attaque n’est pas très élevée. L’efficacité de la protection est de 50 à 60%, sauf pour un TALSTAR (mais son action est
améliorée par un double volume de bouillie).

· Pour l’essai de Picardie, on a une très forte attaque, notamment sur MAYA. L’efficacité de la protection est similaire pour les deux variétés
(autour de 70%).

% grains bruchés

Témoin
2 TECHNUFAN
2 TALSTAR

Adulte de bruche

25

20

15

10

5

0

MAYA (80)

MELODIE (80)

MAYA (08)

MELODIE (08)

Stratégie
La protection contre la bruche dans l’optique d’un débouché alimentation humaine devra reposer sur deux interventions :

- un premier traitement à partir de l’apparition des premières gousses quand 2 jours avec températures maxi supérieures à 20°,
- un renouvellement 8-15 jours après quand les températures restent élevées.

 

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